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Compétences non techniques en santé : ce que dit le référentiel HAS 2026

SeriousGame Mis à jour le 29 octobre 2026 5 min de lecture

En avril 2026, la Haute Autorité de santé a adopté un référentiel de compétences en facteurs humains au service de la qualité et de la sécurité des soins. Son sujet : les compétences non techniques, ces savoir-faire relationnels, cognitifs et personnels qui font la différence entre une équipe compétente et une équipe sûre. Décryptage.

En bref

  • Les compétences non techniques (CNT) complètent l’expertise clinique : elles concernent la manière de décider, de communiquer et de travailler ensemble.
  • Le référentiel HAS a été adopté par le Collège de la HAS le 2 avril 2026.
  • Il distingue trois familles : compétences cognitives, interpersonnelles et personnelles.
  • Il s’adresse aux étudiants, aux professionnels en exercice, aux équipes, aux managers et même aux patients.

Que sont les compétences non techniques ?

Les compétences techniques, ce sont les gestes, les connaissances et les protocoles. Les compétences non techniques regroupent tout ce qui permet de les mettre en œuvre de façon sûre dans une situation réelle : percevoir ce qui se passe, décider au bon moment, se faire comprendre, coordonner une équipe, tenir sous la pression.

Le concept est issu des industries à haut risque, en particulier l’aviation. Il est aujourd’hui largement repris en santé, où l’analyse des événements indésirables montre de façon récurrente le rôle des défauts de communication et de coordination.

Un référentiel officiel, adopté en avril 2026

Le document de la HAS, intitulé « Référentiel de compétences en facteurs humains au service de la qualité et la sécurité des soins (compétences non techniques) », poursuit deux objectifs : sensibiliser l’ensemble des acteurs du système de santé à ces enjeux, et mettre à disposition un socle commun pour construire des formations.

Son public est volontairement large : formation initiale et continue, équipes pluriprofessionnelles, encadrants, professionnels de la qualité et de la gestion des risques, représentants des usagers.

Les 8 compétences, en trois familles

S’appuyant sur les travaux de Rhona Flin et de ses collègues (2008), le référentiel classe les compétences non techniques en trois groupes.

Les compétences cognitives

  • La prise de décision : choisir une option, souvent avec des informations incomplètes, et savoir la réviser.
  • La conscience de la situation : percevoir les éléments importants, comprendre ce qu’ils signifient, anticiper la suite.
  • La gestion de la charge de travail : prioriser, déléguer, demander de l’aide avant la saturation.

Les compétences interpersonnelles

  • La communication efficace : messages clairs, vérification de la compréhension, transmissions structurées.
  • Le travail en équipe : rôles clairs, entraide, vigilance croisée, gestion des désaccords.
  • Le leadership : fixer le cap, répartir les tâches, garder une vision globale.

Les compétences personnelles

  • La gestion du stress : reconnaître ses signaux et ceux des autres, éviter l’effet tunnel.
  • La gestion de la fatigue : mesurer son impact sur la vigilance et le jugement, et s’en protéger.

À retenir

Ces compétences ne sont pas des « qualités naturelles » : elles s’apprennent, s’entraînent et s’évaluent, comme les compétences techniques.

Comment se forment les compétences non techniques ?

Le référentiel insiste sur les approches pédagogiques actives : simulation en santé (en centre ou in situ), jeux de rôle, ludo-pédagogie, analyse de situations réelles. Il met en avant le débriefing structuré, moment où l’expérience vécue devient apprentissage.

Le guide de bonnes pratiques de la HAS sur la simulation en santé (2024) précise le cadre : un briefing qui pose un climat de confiance, un scénario, puis un débriefing au moins aussi long que le scénario, conduit par des formateurs formés.

✍️ Votre expérience (visible uniquement dans l’éditeur — remplacez cet encadré par votre texte)

Décrivez une situation observée lors d’une de vos sessions où une compétence non technique a fait la différence (sans nommer personne) : par exemple une équipe qui a évité l’erreur grâce à un simple collationnement.

Quel lien avec la certification périodique ?

Le référentiel cite explicitement les dispositifs de maintien des compétences, notamment l’accréditation des équipes et la certification périodique. Une formation aux compétences non techniques peut ainsi s’inscrire dans l’axe 1 (actualisation des compétences) et, selon son format, dans l’axe 2 (qualité des pratiques et gestion des risques) ou l’axe 4 (santé du professionnel), sous réserve de la reconnaissance de l’action pour votre profession.

Pourquoi travailler les CNT en équipe ?

Une compétence non technique ne se révèle vraiment qu’en interaction. On peut connaître la théorie du collationnement et l’oublier dès que la pression monte. C’est pourquoi les formats où toute l’équipe est mise en situation en même temps — chacun avec un rôle indispensable — sont particulièrement adaptés : ils reproduisent la réalité du travail en équipe de soins, où personne ne reste spectateur.

FAQ

Questions fréquentes

Compétences non techniques et soft skills, est-ce la même chose ?

Les deux notions se recoupent largement. « Compétences non techniques » est le terme employé dans les métiers à haut risque et par la HAS ; il met l’accent sur la sécurité et la performance de l’équipe.

Qui est concerné par le référentiel HAS ?

Tous les acteurs du soin : étudiants, professionnels en exercice, équipes pluriprofessionnelles, encadrants, gestionnaires de risques et représentants des usagers.

Le référentiel impose-t-il une formation ?

Non. Il constitue un socle de référence pour sensibiliser et construire des formations ; il ne crée pas d’obligation en soi.

Sources

Pour aller plus loin

SeriousGameSeriousGame.fr — serious games, facteurs humains et soft skills.

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